lundi 18 octobre 2010

Natarajasana, posture de Shiva


Natarajasana est une posture très belle et assez difficile, elle exige une grande souplesse du dos, des jambes et des épaules. Elle est consacrée au dieu Shiva, le destructeur, troisième personnage de la triade hindoue, seigneur de la danse.
Debout pieds joints, on fixe un point à la hauteur des yeux. On fléchit le genous droit, et on attrape le gros orteil droit. Lorsque la jambe droite est en l’air, on tourne l’épaule de façon à ce que le coude soit vers le haut. Cette position du bras va permettre au pied de se rapprocher au plus près de l’arrière de la tête.
Il faut s’assurer que la hanche droite ne soit pas tournée et que la jambe s’élève juste derrière le haut du corps. Equilibrer le corps grâce au bras gauche tendu haut en avant, en joignant le bout de l’index et le pouce de la main gauche, afin d’effectuer jnana mudra.
On concentre son attention sur la main gauche. Il s’agit de la posture finale. Tenir la pose aussi longtemps que l’on s’y sent bien.
Baisser le bras gauche sur le côté, puis la jambe droite, reposant le pied droit au sol et le bras droit sur le côté. Se détendre, puis répéter de l’autre côté. Pratiquer 3 fois de chaque côté. Respiration naturelle.
Contre-indiquée aux personnes souffrant d’un cœur faible, d’hypertension artérielle, problème de dos, hernie.
Bénéfices : Cette asana renforce le dos, les épaules, les bras, les hanches et les jambes. Elle aide à développer le sens de l’équilibre et la coordination, de même qu’elle favorise la concentration.

jeudi 14 octobre 2010

L'Ahimsa, ou la Voie de la non- violence


L’Ahimsa est l’un des 5 commandements moraux universels (Yama) dans la philosophie yogique, il est davantage connu aujourd’hui grâce au Mahatma Gandhi, qui a fait de la non- violence, une force pour l’Inde, notamment lors de son indépendance (1947). Cette voie est également prônée par le Dalaï Lama et la philosophie bouddhiste en général.


Le mot Ahimsa est constitué de la particule -A- qui signifie la négation et le nom himsa qui veut dire meurtre ou violence. Il s’agit là, plus que d’un commandement négatif de ne pas tuer, mais d’une signification plus sage qui est celle d’aimer. Cet amour concerne toute la création, dont nous sommes les enfants. Dans la philosophie yogique, tuer ou détruire une chose ou un être, revient à insulter le créateur. On peut tout aussi tuer pour se nourrir ou pour se protéger d’un danger. Le fait d’être végétarien ne signifie pas forcément avoir un tempérament non- violent, cependant pour un yogi, la philosophie du yoga passe aussi par un régime végétarien. Des tirans peuvent aussi être végétariens, mais la violence est un état d’esprit et non un régime. Cela réside dans l’esprit de l’homme et non dans ce qu’il tient dans ses mains. On peut user d’un couteau pour éplucher des fruits ou pour poignarder un ennemi, la faute n’est pas dans l’instrument mais en l’utilisateur.
Les hommes usent de la violence pour protéger leurs propres intérêts, leur propre corps, ceux qu’ils aiment, leur propriété ou leur dignité. Mais un homme ne peut pas compter sur lui seul, pour se protéger lui- même ou les autres. Croire qu’il puisse le faire est faux.
Les yogis croient que chaque créature a autant le droit de vivre que lui-même. Il croit qu’il est né pour aider les autres, et regarde la création avec les yeux de l’amour. Il sait pertinemment que sa vie est liée à celle des autres, et se réjouit s’il peut les aider à être heureux.
Pour un mal fait par autrui, les hommes demandent justice, alors que lorsque ce mal est exercé par eux ils demandent pitié et pardon. Le yogi de son côté croit que pour un tort qu’il a commis, il doit y avoir justice, mais que pour un tort des autres, on doit exercer le pardon. Il sait et enseigne aux autres comment vivre.S’efforçant toujours de se perfectionner, il montre aux autres avec amour et compassion, comment progresser.
Le yogi oppose le mal dans la mauvaise-action, mais pas le mauvais-agisseur. Il prescrit punition à la mauvaise action. L’opposition du mauvais et de l’amour peuvent cohabiter dans le « mauvais agisseur ». La femme d’un alcoolique bien qu’aimant son mari, va s’opposer à cette habitude. L’opposition sans l’amour mène à la violence, aimer celui qui fait une mauvaise action sans condamner le mauvais en lui est une folie, et mène à la misère.
Le yogi sait qu’aimer une personne, en combattant le mauvais en lui est le chemin à suivre. La bataille est gagnée car il se bat avec amour. Une mère aimante va parfois gronder ses enfants pour les défaire d’une mauvaise habitude, dans la même idée, quelqu’un qui suit la non- violence (Ahimsa) aime ceux qui s’opposent à lui.


Ceci est bien sur un idéal de philosophie du yoga traditionnel, tout individu pratiquant le yoga, donc yogi, est libre ou non d'aspirer à cet idéal...

lundi 11 octobre 2010

Le yoga libérateur

Le yoga, par définition s’affaire à équilibrer le corps et l’esprit par une multitude d’exercices, respiratoires, posturaux.
Parmi ces exercices, certains sont effectués et prennent toute leur importance, dans le maintien et la durée, d’autres dans un lâcher prise, une extériorisation qui s’assimile à une sorte d’exutoire. Sur l’expiration, et issu des « profondeurs » du corps, il peut être porté par un mouvement, un souffle, un clignement, un rire ou un cri et représente une libération.
Il s’agit d’une extériorisation que l’on peut voir comme un déblocage ou juste comme un petit pas en avant vers la connaissance de soi. Peut-être est-il exprimé au sein d’un cours collectif, par le corps, en réponse ou non à une volonté, mais il s’associe en tout cas à une affirmation du soi, et qui à titre individuel acquiert la signification certaine du moi.
Lorsque l’on parle libération, plusieurs aspects peuvent être sollicités, dans une notion globale de libération de la conscience, on sous-entend, libération des tensions, des blocages, musculaires mais aussi largement émotionnels. Il s’agit en fait de relâcher des « nœuds » ou des « poids » encombrants, qui ont peut-être eu une signification à un moment donné, mais qui n’ont plus vraiment lieu d’exister.
Ces libérations peuvent surgir différemment pour chacun, et chaque travail yogique constitue un potentiel exercice libérateur, à chacun d’expérimenter à son rythme…

lundi 4 octobre 2010

Les mudras

Il s’agit de positions symboliques des mains et des doigts. Utilisés beaucoup dans l’hindouisme et le bouddhisme, lors de méditations surtout, mais aussi en danse, ils font référence à certains schémas énergétiques et ont chacun une visée particulière.
Ils peuvent être pratiqués assis, debout, allongés, ou en marchant, à n’importe quel moment et lieu. Les mudras sont assimilés à des positions de yoga pour les mains et les doigts. En effet, en stimulant certaines zones réflexes des mains et des doigts, ils exercent un effet sur notre corps et notre esprit.
Les mudras sont exercés selon un temps donné, suivant une respiration précise, lors de méditation en vue d’un objectif particulier, ils peuvent être accompagnés de méditations, d’affirmations, de visualisations. Les mudras, travaillés de façon régulière, amènent à l’individu les connaissances et bienfaits du yoga en général.

lundi 27 septembre 2010

Ganesh

Fils de Shiva et de Parvati, Ganesh est un des dieux les plus populaires de l’hindouisme. Il est doué du pouvoir d’écarter les obstacles et son image est installée dans presque toutes les maisons ainsi qu’à la périphérie des villages. C’est lui qui est toujours invoqué le premier au début d’un rituel, d’un travail ou d’un voyage. D’un caractère bienveillant, il est aussi dieu de la sagesse.
Ganesh est représenté avec une tête d’éléphant, quatre à dix bras et un ventre rebondi. Il tient plusieurs objets, dont une corde, une hache, un aiguillon à éléphant, une défense brisée, un bol de sucreries. Une de ses mains esquisse toujours le geste du don. Sa monture est le rat.
On dit que la défense brisée sert à écarter les obstacles. Le rat qui se faufile aisément partout, sert à atteindre le même but. La hache a pour fonction de détruire l’attachement aux choses terrestres, tandis que la corde sert à élever les hommes vers la vérité. La panse volumineuse de Ganesh est sans doute la conséquence de son goût excessif pour les sucreries et les fruits. Mais elle symbolise aussi l’univers qu’il est sensé contenir.

Plusieurs légendes rendent comptent de sa naissance et expliquent pourquoi il a une tête d’éléphant. Selon l’une d’elles, Parvati l’aurait créé d’un morceau de sa chair pour monter la garde à sa porte pendant qu’elle se baignait. Comme Ganesh l’empêchait d’entrer, Shiva, furieux lui coupa la tête. Puis voyant la détresse de son épouse, il lui promit de rendre la vie à son fils, fixant sur son tronc, la tête du premier être qu’il rencontrerait. Ce fût un éléphant. D’après une autre légende, afin de donner un autre fils à son épouse, Shiva créa un enfant à partir d’un morceau de tissu mais ensuite le décapita. Pour apaiser Parvati, il demanda aux dieux de lui trouver une nouvelle tête. Après une longue recherche, la tête d’un éléphant fût fixée à son corps.

jeudi 23 septembre 2010

Surya Namaskar : Salutation au Soleil

« Surya » en sanskrit fait référence au soleil et « namaskar » signifie « salutation ». Surya namaskar a été transmise par les grands sages éclairés de l’âge védique. Le soleil symbolise la conscience spirituelle, et était autrefois adoré de façon quotidienne. Dans la philosophie du yoga, le soleil est représenté par Pindala ou Surya nadi, le canal pranique (le long de la colonne, « prana », force vitale) qui conduit l’énergie vitale.
Cet enchaînement dynamique ne fait pas partie des pratiques traditionnelles de hatha yoga, mais il fût ajouté un peu plus tard. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un moyen efficace d’assouplissement, d’étirements, et un massage tonifiant pour toutes les articulations, muscles et organes internes du corps.
Sa versatilité et sa pratique en font un des exercices les plus utilisés, dans l’objectif d’une vie saine, rigoureuse et active ; en parallèle, elle constitue une bonne préparation à l’éveil de la spiritualité, et en résulte une expansion de la conscience.
Surya Namaskar est une Sadhana* très complète, au niveau spirituel, qui inclut la pratique d’asanas (postures), pranayama (respiration), mantra et méditation. Il s’agit d’une excellente pratique matinale. Surya Namaskar comporte un effet vitalisant immédiat sur l’énergie solaire du corps, qui circule par Pingala nadi. Une pratique régulière équilibre l’activité de ce canal, ce qui engendre un équilibre du système énergétique au niveau mental et physique.
Surya Namaskar génère le prana, l’énergie subtile qui active le corps psychique. Son exécution dans une séquence rythmique constante reflète le rythme de l‘univers, les 24h de la journée, les 12 phases zodiacales de l’année, et le biorythme du corps. Cet accomplissement forme et rythme le corps et l’esprit et génère une force de transformation, qui favorise dynamisme et épanouissement dans la vie.

*travail spirituel, discipline individuelle sur le chemin spirituel

lundi 13 septembre 2010

Asanas et connection corps- esprit

Le corps et l’esprit ne sont pas des entités séparées, bien que l’on ait tendance à se comporter comme si tel était le cas. La forme grossière de l’esprit est le corps, et la forme subtile du corps est l’esprit. La pratique d’asanas intègre et harmonise l’ensemble. Le corps et l’esprit également abritent tensions et blocages. Chaque blocage mental a sa résonnance au niveau physique et musculaire, et vice versa. L’objectif des asanas est de libérer ces nœuds ou blocages. Les asanas libèrent les tensions mentales en travaillant sur elles au niveau physique, en agissant de façon somato-psychique, du corps à l’esprit. Par exemple, des tensions ou suppressions émotionnelles peuvent raidir ou bloquer le fonctionnement harmonieux des poumons, du diaphragme et du processus respiratoire, contribuant à l’apparition de maladies sous forme de désordres respiratoires.
Les blocages musculaires peuvent apparaître n’importe où dans le corps, raideurs du cou, spondylarthrites, névralgies faciales...Un ensemble d’asanas bien choisies, combiné au pranayama, shatkarmas (nettoyages du corps), méditation et yoga nidra, est le plus efficace pour éliminer ces blocages, et y faire face aussi bien au niveau mental que physique.
Le résultat est la libération de l’énergie endormie, le corps se renforce et obtient un regain de vitalité, de même que l’esprit s’allège, affirme sa créativité, sa joie et son équilibre.
Une pratique régulière d’asanas maintien le corps physique dans ses conditions optimales et développe la santé, même dans un corps malade. Grâce à la pratique des asanas, l’énergie endormie potentielle est libérée et expérimentée de la même façon que l’augmentation de la confiance en soi dans tous les domaines de la vie.